L'avis de rectification est le document par lequel l'administration vous annonce qu'elle entend modifier les revenus que vous avez déclarés. Ce n'est pas encore un impôt : c'est une proposition, et vous disposez d'un droit de réponse dont l'exercice conditionne largement la suite du dossier.
Un mois pour répondre, à compter du troisième jour ouvrable qui suit la date d'envoi de l'avis. Comptez à partir de la date figurant sur le document, pas de celle où vous l'avez ouvert. Ce délai peut être prorogé pour de justes motifs, mais la prorogation doit être demandée avant son expiration.
Ce que l'administration doit faire
L'article 346 du CIR 92 impose au fonctionnaire taxateur de vous notifier, par envoi recommandé, les revenus et autres éléments qu'il se propose de substituer à ceux que vous avez déclarés. Cette notification doit indiquer les motifs qui, selon l'administration, justifient la rectification.
Cette exigence de motivation n'est pas décorative. Un avis qui se borne à annoncer un redressement sans expliquer sur quels éléments de fait et de droit il repose vous prive de la possibilité de vous défendre utilement, et c'est un moyen qui peut être invoqué par la suite. La première chose à faire n'est donc pas de discuter le fond : c'est de lire l'avis en se demandant si vous comprenez exactement ce qui vous est reproché, et pourquoi.
L'administration ne peut pas établir l'imposition avant l'expiration de votre délai de réponse, sauf si les droits du Trésor sont en péril. Une cotisation enrôlée prématurément est irrégulière.
Ce qui se passe si vous ne répondez pas
Juridiquement, votre silence ne vaut pas accord : la charge de la preuve reste sur l'administration dans la procédure de rectification. En pratique, l'effet est néanmoins défavorable, pour trois raisons.
- Vous laissez le dossier se construire uniquement à partir de la version de l'administration, et vous devrez ensuite la démonter au stade de la réclamation, dans un rapport de force moins bon.
- Vous perdez l'occasion de produire des pièces au moment où elles auraient encore pu éviter l'enrôlement.
- Vous ne posez aucun argument dans le dossier administratif, ce qui pèse si l'affaire finit devant le tribunal.
Ce que vous devez faire, concrètement
- Datez le document. Notez la date d'envoi et calculez votre échéance. Si vous avez besoin de temps, demandez une prorogation par écrit, avant l'expiration du délai, en motivant la demande.
- Reconstituez le dossier. Rassemblez les pièces relatives aux postes contestés : factures, contrats, relevés, correspondance avec le contrôleur, réponses déjà données à une demande de renseignements antérieure.
- Vérifiez la régularité de la procédure avant le fond : l'avis est-il motivé ? L'administration agit-elle dans le délai d'imposition applicable ? Une demande de renseignements a-t-elle précédé ? Les investigations menées étaient-elles autorisées pour la période visée ?
- Répondez par écrit et point par point. Marquez votre accord sur ce qui est exact — cela crédibilise le reste — et contestez précisément le surplus, en renvoyant aux pièces.
Après votre réponse
L'administration doit vous faire connaître sa décision de taxation avant d'établir l'impôt, en indiquant les observations que vous avez formulées qu'elle n'a pas retenues et les motifs de son refus. L'impôt est ensuite enrôlé et vous recevez un avertissement-extrait de rôle. C'est à ce moment que s'ouvre le délai de réclamation, qui est une procédure distincte.
Références
- Article 346 du CIR 92 — notification de rectification, délai de réponse d'un mois, décision de taxation.
- Article 333 du CIR 92 — délais d'investigation et notification préalable des indices de fraude.
- Article 354 du CIR 92 — délais d'imposition (voir la fiche sur les délais de déclaration).
- Article 371 du CIR 92 — délai de réclamation, une fois l'impôt enrôlé.